vendredi 22 septembre 2017

Abeilles

Loin de moi l'idée de renoncer à sauver les abeilles.



Mais sans que cela doive nuire à la poursuite d'un tel objectif, il n'est pas interdit de tenter d'imaginer que faire si nous échouons. Nous résigner à voir disparaître l'essentiel de nos cultures vivrières ? À remettre notre sort entre les mains d'une industrie agro-alimentaire dont les procédés de fabrication deviendront de plus en plus inavouables, jusqu'à nous faire bouffer, comme dans "Soleil vert", nos propres cadavres ? (Plus probablement, au moins au début, ceux des innombrables morts de faim du tiers-monde). À régresser jusqu'à disparaître complètement ?

Même en cas de disparition de nos insectes pollinisateurs, je ne suis pas convaincu que nous soyons inéluctablement condamnés à de telles extrémités.

Une idée toute simple me trotte dans la tête depuis un bon moment. Tellement banale que je n'en ai jamais parlé à personne, comme de beaucoup d'autres de mes idées banales. Tellement banale que je m'étonne de n'en avoir vu mention nulle part.

Après tout, voici presque quarante ans que je rêve d'installer des centrales solaires dans les déserts des continents africain ou américain. Au moins trente ans que je fantasme sur l'idée de les fertiliser en installant sur les côtes des usines de désalinisation (alimentées par lesdites centrales solaires) afin d'irriguer des cultures poussées sur un lit de déchets agricoles déversés sur place (importés au début, puis résultant ensuite de l'exploitation locale).

Quelques décennies plus tard fleurissent sur internet ces projets révolutionnaires pour lesquels chacun s'enthousiasme (du moins chacun de ceux et celles qui se sentent concernés par les problèmes de l'humanité). Alors pourquoi garder mes fantasmes ? Au pire je passerai pour un vieux farfelu au bord du gâtisme (ce qui n'a guère d'importance), au mieux je susciterai une étincelle dans l'esprit de quelqu'un capable de mettre mes idées folles en pratique. Pour, je l'espère, le bien du plus grand nombre.

L'idée "toute simple" dont il est question aujourd'hui (simple à énoncer, moins à réaliser, même si je suis convaincu que nous avons tous les savoir-faire nécessaires, que ce soit en termes d'IA ou de micro-mécanique) est celle d'une ruche artificielle. À la fois cerveau et station de réparation automatisée, elle entretiendrait et piloterait une flotte nombreuse de mini-drones pollinisateurs qui seconderaient ou remplaceraient les abeilles dans les zones où celles-ci viennent à manquer. Certes, elle ne produirait pas de miel, mais elle pourrait contribuer à nous sauver d'une famine planétaire (et du chaos que celle-ci susciterait inévitablement) ou dans le scénario le plus optimiste, assurerait une transition en attendant un "repeuplement" des ruches naturelles ou d'élevage.

Qu'en pensez-vous ?

Euh... Oubliez ce que je viens de dire. À mon grand soulagement, d'autres y ont pensé. J'aurais dû commencer par chercher au lieu d'attendre que ça me tombe sous les yeux !